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  • Gilbert Ouellette

Une charge sur des cibles « locales » pour contrer la mondialisation

Mis à jour : 15 avr. 2019

Chroniques et billets

Par Gilbert Ouellette, président du Groupe Évolumédia



Pierre Karl Péladeau lors d’une conférence au CORIM le 2 avril 2019

(Creabiz.news – 3 avril 2019) Toujours distrayant d’aller entendre Pierre Karl Péladeau. Ses sorties publiques comme PDG de Quebecor sont presque toujours matière à revendications, essentiellement pour le bénéfice du conglomérat qu’il dirige.

Sous le titre « Préserver une offre de contenu québécois riche à l’ère de la mondialisation », M. Péladeau n’a pas manqué, lors d’une conférence au CORIM le 2 avril dernier, de nous rappeler la lente érosion des abonnements aux services d’abonnements à la câblodistribution au profit des services par contournement (OTT), avec Netflix et autres membres du GAFAN en tête. Des joueurs dont la capitalisation boursière globale avoisine les 3180 G $ (400 fois celle de Quebecor à 8 G $) et qui n’ont pas d’obligation d’investir dans le contenu canadien.

Une fois ce constat fait, il aurait été intéressant d’entendre M. Péladeau sur des « pistes de solutions » pour contrer ce phénomène. Il a plutôt choisi de frapper à bras raccourci sur son concurrent « local », Bell média, qui reçoit davantage de redevances, au prorata de l’écoute, pour ses chaînes spécialisées que celles de Québecor / TVA.

Également, il n’a pas manqué au passage d’égratigner Radio-Canada qui, selon lui, mène une concurrence déloyale avec des revenus cinq fois supérieur à TVA et qui pige dans l’assiette du Fonds de médias du Canada pour certains de ses contenus de fiction diffusés en primeur sur Tou.TV extra.

M. Péladeau se garde bien de dire toutefois que les revenus de 1,2 G $ qu’il attribue à Radio-Canada, sont en fait la contribution du gouvernement fédéral pour l’ensemble des activités de Radio-Canada/CBC, incluant la portion radiophonique et les services numériques.

Pour finir, le PDG fustige vertement le manque de vision des commissaires du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) pour les « injustices » faites à Quebecor et ses composantes de diffusion. Une situation qui, selon lui, freine l’innovation dans le secteur.

En somme, il est assez curieux de constater que malgré la menace qui vient de la montée du numérique et de la mondialisation, M. Péladeau a surtout frappé sur des entités « locales » (Bell média, Radio-Canada, CRTC) pour exposer les déboires de notre écosystème de radiodiffusion de contenu.

Et il s’est bien gardé de signaler qu’en même temps que les gens (les moins âgés surtout) délaissent le câble, les revenus des fournisseurs d’accès internet, comme Vidéotron, ne cessent de croître. Et qui dit écoute de Netflix, Amazon, YouTube et autres contenus vidéo en ligne, dit nécessairement un accès internet haute vitesse à plus de 60 $ par mois. Et ce, toujours sans aucune redevance des FAI au contenu canadien…


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